Decisions

Dans la vie, on passe notre temps à prendre des décisions. Toutes sortes de décisions. Des petites décisions, comme "fromage ou dessert?", "Ciné ce soir ou ciné demain?" ou "wordpress ou dotclear?". Des décisions moyennes, comme "La Grèce ou la Norvège pour les vacances?", "Quelle voiture j’achète?" ou "Je m'inscris à ce permis moto ou pas?". Et puis des grandes décisions. Comme "Je fais mes études en histoire de l'art ou en informatique?", "Est-ce que je m'installe avec ce mec que j'ai rencontré ou est-ce que je continue à rencontrer d'autres mecs?" ou "est-ce que je cherche à changer de travail maintenant?".

Toutes ces décisions ont un impact plus ou moins grandes dans nos vies. Par conséquent, elles devraient être prises en connaissance de causes, avec un véritable choix et avec une véritable volonté. Malheureusement, nous prenons beaucoup de grandes réflexions tôt dans nos vies (en particulier aux niveaux des études, ce qui a un impact énorme sur la suite), sans connaitre tous les tenants et aboutissants et sans être capables d’apprécier les conséquences qu'elles auront.

Dans ma vie, je ne pense pas avoir vraiment pris de Grande Décision de ma propre volonté. Mes choix d’études ont été conditionnées un peu par mes capacités (facilité pour les langues étrangères et la logique), beaucoup par ma famille ("Si tu dois faire des langues, tu dois étudier des langues originales. et aussi commencer par autre chose que l'anglais." Ok, alors ce sera allemand parce qu'espagnol vous ferait trop plaisir. "Et tu dois faire un Bac S, ça t'ouvrira toutes les portes."). Mes choix de travail ont toujours été forcés : prends ce que tu trouves et restes-y jusqu'à ce qu'on te mette dehors ("Tu peux pas changer de travail, les autres patrons vont te trouver instable si tu changes trop souvent" - "Tu es au chômage? Je n'en dors plus la nuit."). Quant à ma vie personnelle, elle n'a pas toujours été choisie en toute connaissance de cause, ni de manière forcement réfléchie.

Je ne dis pas que ces décisions ont été mauvaises. Elles m'ont amené là où je suis aujourd'hui et on peut dire que je suis relativement heureux, même si j'ai encore des rêves à réaliser.

Mais je me dis qu'il serait temps d’être moins réactif et un peu plus proactif dans ma vie. Qu'il serait temps de prendre les décisions que je veux moi, en réfléchissant avant aux conséquences. Qu'il est temps de choisir sans me soucier des influences extérieures, qu'elles soient conscientes de mes réflexions ou pas, venant volontairement d'autres personnes ou pas.

Par exemple, même si je ne suis pas menacé de perdre mon travail, je suis en train de me demander si je ne devrais pas en chercher un autre de manière active. Parce que je l'ai choisi. Pas parce qu'on m'aura mis dehors. Parce que j'ai réfléchi à ma position actuelle et que je me dis que je pourrais avoir mieux ailleurs. Parce que même dans la fameuse conjoncture actuelle, changer de boulot n'est pas un suicide professionnel.

Bref des décisions personnelles, volontaires, réfléchies, comprises. Voire muries dans le temps. Parce qu'à 30 ans passés, il n'est pas trop tard. Parce qu'à 30 ans passés, je suis enfin relativement indépendant. Parce qu'à 30 ans passés, il serait temps de s'y mettre. Parce qu'à 30 ans, j'ai le temps de me poser et l’expérience pour réfléchir.

Commentaires

1. Le jeudi 29 août 2013, 14:03 par Flo

tu n'imagines même pas à quel point ton billet fait écho en moi...

2. Le vendredi 30 août 2013, 09:08 par Sacrip'Anne

Akynou m'avait raconté que pour elle, l'entrée dans le monde adulte, c'était vers 30 ans ;-)

Et puis ce qu'il y a de bien dans les grandes décisions très personnelles, c'est qu'on peut les troller quand ils grandissent (ok je sors) !

3. Le lundi 2 septembre 2013, 23:34 par Seb_Stbg

C'est justement parce que tu as 30 ans passé que tu es dans la meilleure des périodes pour ce genre de chose tout simplement ;)

4. Le samedi 7 septembre 2013, 12:36 par Tambour Major

Je relis ton billet qui a pris aujourd'hui pour moi une toute autre dimension.
Prendre des grandes décisions, affronter une peur collective qui nous renvoie en miroir l'image d'une peur que l'on croit être la sienne. Laisser libre cours à ses envies pour avancer et tracer son propre chemin, et non plus celui que d'autres ont cru pouvoir tracer pour nous.

Me revient en mémoire une réplique du film "Le Cercle des poètes disparus" :

Robert Frost a dit : « Deux routes s'offraient à moi, et là j'ai suivi celle où on n'allait pas, et j'ai compris toute la différence. »

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