Tout a un prix - la genese

J'avais promis un making-of du billet précédent. Making-of n'est sans doute pas le bon terme. Pour fabriquer mon billet, j'ai juste utilisé mes doigts et mon clavier. L'histoire s'est quasiment écrite toute seule. Au départ, j'avais un très courte trame : "Eric sait ce qu'il s'est passé, il compte bien en profiter et enculer Martin, il va servir des gants de boxe pour le coincer." Le reste s'est écrit au fur et à mesure, sans que je réfléchisse trop à ce qui allait advenir après. Comme quoi, les personnages de fiction acquièrent vraiment des vies propres.

Non, le plus dur, ce n'est ni le matériel, ni l'histoire elle-même. Le plus dur, c'est l'état d'esprit et les émotions qui sont déclenchés par l'écriture d'un tel texte.

Il y a bien sur l'excitation, normale pour un texte de caractère sexuel. Ça va et ça vient, en fonction du passage du texte et de la focalisation de l'esprit. Forcement, si je cherche un synonyme ou une tournure de phrase, je suis bien moins excité que quand je décris une scène de baise. Mais bon, c'est quand même gênant.
Seconde émotion, que je ressens : le stress. Je ne me sens pas bien. Je sens mon cœur qui bat plus vite, je suis mal à l'aise, plus parano que d'habitude. J'essaie de faire une pause de temps en temps pour me calmer, mais j'y reviens très rapidement pour continuer. Je ne sais pas si c'est pareil pour les autres, mais en tout cas, ça me le fait à chaque fois.
Troisièmement, je perds l'appétit. Ça m'arrive que je sois en train de lire ou d'écrire un texte porno, mais pour peu que je sois sur un tel texte, je n'ai plus aucune envie de manger. Ça se transformerait presque en dégout pour la nourriture. Vu que j'ai écrit le texte d'hier entre 11h et 15h, j'ai complètement sauté le repas de midi. C'est pas grave, mais ça aide pas à se replacer dans une activité normale.
Et surtout, hier, pendant que j'écrivais ce texte, j'étais assis dans un fauteuil moelleux d'un Starbucks parisien. A me demander régulièrement si les personnes assises à la table à coté n'étaient pas en train de lire discrètement mon texte. Mais bon, personne n'a poussé les haut cris, j'en déduis que les gens respectent la vie privée de leurs voisins.

Ah oui, j'allais oublier. Dans ce texte, j'ai essayé de mettre plus de dialogues. (En même temps, plus que zéro, c'est pas dur.) Les dialogues me stressent, j'ai toujours l'impression que ceux que j'écris ne sont pas du tout naturels. Là, ils sont venus un peu tout seul, comme le reste du texte. Et j'ai l'impression qu'ils ne sont pas aussi artificiels que ce à quoi je m'attendais. Honnêtement, vous les trouvez comment, mes dialogues?

Voila ce que j'avais à dire sur la genèse de ce texte. Si vous avez des questions à ce sujet, les commentaires sont là pour ça.

Commentaires

1. Le mercredi 6 mai 2009, 16:36 par Ardalia

Je confirme, pour l'avoir fait, que la rédaction érotique est très excitante, de même que les bonnes lectures (ou les mauvaises, certains mots-clefs suffisent sans doute).
Les dialogues sont pas mal du tout, je les ai trouvés naturels. Peut-être peux-tu assouplir avec des verbes de l'oralité (s'exclamer, glisser, chuchoter, soupirer, etc.)
Pour te dire, le truc qui m'a un peu gênée, c'est le présent partout. Je comprends bien la position stylistique, bien sûr, mais j'ai le sentiment que l'urgence, la mobilisation que demande le présent s'étiole au fur et à mesure du texte et qu'il serait mieux mis à contribution en surgissant sur un fond au passé :
"les jeunes gens se caressèrent un moment en riant doucement mais les souffles s'accéléraient vite et Martin commençait à se sentir enivré de sensations. Éric s'impatientait de s'enfoncer enfin patati...
Soudain il n'en peut plus. Il retourne le bras de Martin et l'oblige à lui tourner le dos."
A ce niveau de lecture, j'ai un coup au coeur : roooh les choses sérieuses vont commencer !
Je le vois comme une image, les ombres et les perspectives mettent la lumière en valeur.
Mais c'est super que tu écrives, continue, c'est très agréable à lire.
:)

2. Le mercredi 6 mai 2009, 18:34 par garfieldd

"Non, le plus dur, ce n'est ni le matériel, ni l'histoire elle-même. Le plus dur, c'est l'état d'esprit et les émotions"
non non non le plus dur c'était ton érection !!! :)

3. Le mercredi 6 mai 2009, 20:29 par dom

Haaaaaaaaaaaaaaaannnnnnnnnnnnnnnnn mon voisin de table au diner écrit des textes cochons !!!!
Et même que c'est excitant !
Tites questions, tu t'identifie auquel des deux protagonistes plus particulièrement ? Et pi quelle est la part de fanstamagotruc dans un texte comme celui là ? Hmmm ? Hein ? Dis ?

4. Le jeudi 7 mai 2009, 11:22 par TarValanion

Ardalia : Oui, j'avais commencer à ecrire au passé. Mais le present est tellement plus facile à utiliser. Le passé, c'est compliqué, surtout le passé simple. Pour les dialogues, je tenterai les verbes de l'oralité une prochaine fois.
Garfieldd : ...
Dom : C'est une fiction. Si, si. Ce n'est pas du tout du vécu. (Je veux dire au niveau de l'histoire. J'ai déjà pratiqué, quand même.)

5. Le jeudi 7 mai 2009, 18:28 par valerio

non, surtout pas le passé: le présent est bien plus vivant!

et attention aux retouches: le mieux est souvent l'ennemi du bien. le mot trouvé spontanément est peut-être le meilleur. par ex., un mot apparemment un peu maladroit peut justement évoquer une situation aux déterminations multiples.

6. Le jeudi 7 mai 2009, 21:29 par lo grelh

J'apprécie la lecture et encore plus des films mais je suis incapable d'écrire un texte porno. J'ai essayé une fois et je n'y arrivais pas, alors je suis en admiration devant ce que tu écris surtout que je ne te "vois pas" écrire ça.

7. Le lundi 11 mai 2009, 08:49 par TarValanion

Valerio : Je fais trop de retouches. Mais quand une phrase ne tient pas de bout ou quand je repete le meme mot 3 fois à la suite, j'essaye de corriger.
Lo Grelh : Serais tu en train de dire qu'on me donnerait le bon dieu sans confession? :D