Noel, Partie 1 : Ita Missa Est

Je sais pas si je vous ai dit, mais pour Noël, je suis redescendu dans le sud voir ma famille. Quatre jours largement suffisant, si vous voulez mon avis.

Je suis arrivé Vendredi matin apres une nuit dans le train. Vendredi, journée plus ou moins tranquille, j'ai fait mumuse avec Audacity, mon portable et une cassette audio, vu que mon pere souhaitait numeriser un enregistrement de son groupe. Mine de rien, on s'est bien pris la tete pour un resultat somme toute mediocre. Mais bon, maintenant, je sais comment marche ce logiciel.
Samedi, je suis descendu avec ma mere au marché de Bagneres. Cinq km à pied, histoire de profiter du soleil et de l'air pur. On a réussi à ne pas trop evoquer les problemes qui fachent. Petit tour au marché donc. Encore une fois, j'ai rencontré plein de monde qu'il m'a semblé reconnaitre, mais sans pouvoir mettre un nom dessus. j'ai donc passé une bonne heure et demi à croiser des gens, à me demander qui c'est, à ne pas dire bonjour et à me rappeler enfin l'identité de la personne, mais un quart d'heure apres l'avoir croisée. Pas vraiment pratique... Et surtout tres desagreable.
Et puis samedi soir, messe de Noël. Je precise tout de suite : Oui, je suis baptisé, oui, j'ai fait mes deux communions. Mais je ne suis pas vraiment croyant. Je ne vais pas à la messe par conviction. Mais il se trouve que le groupe folklorique dont je fais partie chante chaque année, juste avant la messe, au moment où les gens arrivent et s'installent, des chants de Noël en bigourdan. Cela fait quelques années que ca dure et nous sommes maintenant bien rodés. Classés par tessiture, avec des secondes voies, des reponses entre les hautes et les basses, des couplets chantés par certains et pas par d'autres et surtout une cheffe d'orchestre au point. Dailleurs, en parlant de ca, juste avant la messe, nous avons fait une mini-repet avec echauffement de voix. Et la chef de nous faire repeter "la, la, la, la, la, la, la, la, la" ou "miaou miaou miao miaou miaou" en descendant et en montant la gamme. Et comme certaines phrases finissent par [qu-], elle nous fait aussi chanter "buduluc, buduluc, buduluc". Ce qui lui a permis cette année de regarder le groupe des basses composé uniquement d'hommes et de dire tres serieusement "Je vois pas beaucoup de queues dans ce coin!" Forcement, ca a declenché une hilarité quasi-generale. Y'en a un (pas moi) qui ne s'est pas laissé demonter et qui a dit que ca pouvait s'arranger. Bref. Nous avons chanté. Aussi bien que possible pour une bande d'amateurs, ce qui est deja pas mal. Ce qu'il y a de bien, c'est que comme on chante les memes chants chaque année, on commence à les connaitre par coeur. On a donc pas besoin de rester le nez collé au carnet de chant. Et donc, j'ai remarqué un magnifique mec arriver dans l'eglise en blouson de motard. Un visage fin, bronzé et sans imperfection, une carrure bien developpée et une certaine assurance. Il est allé se placer à la tribune avec deux de ses amis, puis il est redescendu pour voir quelqu'un qu'il connaissait et qui etait plus pres du choeur. J'ai pu le voir d'un peu plus pres, ce qui a confirmé mon opinion. Je crois même avoir raté une ou deux phrases de chant...
Et puis nous finissons nos chants. Nous nous mettons en place dans le choeur, le jeune homme repart à la tribune et la messe commence. Ce qu'il y a de bien avec la messe, c'est que je n'ai pas vraiment besoin de reflechir à son deroulement. D'abord, je connais son deroulement quasiment par coeur; ensuite, ya pas grand chose à faire, surtout si on s'en bat le coquillard; et enfin le pretre annonce les moments où il faut se lever et ceux où il faut s'asseoir. (D'ailleurs, à ce sujet, je tiens à dire ceci : alors que l'ancien curé de Campan disait "Vous pouvez vous asseoir", le nouveau annonce "Asseyez-vous" sur le même ton que Laurence Boccolini utilise pour annoncer "Vous etes le maillon faible. Au revoir." C'est pas forcement agréable) Et donc, je disais, avant de m'interrompre moi-même, que la messe, si on n'en a rien à battre, ca permet de faire autre chose. Par exemple, cacher ses mains sous sa cape et profiter de ce camouflage pour envoyer les voeux de Noël aux 70 personnes de son repertoire de telephone portable. Ou alors observer la foule et reperer les gens qu'on a pas vu depuis longtemps ou les males interessants. Cette derniere option est facilité au moment de la communion, vu que la grande majorité des fideles se leve pour faire la queue et passer un par un devant le pretre. Et là, je me suis dit : "Tous ces gens, tous ce jeunes hommes propres sur eux, polis, qui viennent communieret à qui on pourrait apprendre des choses... D'un autre coté, ils sont peut-etre comme moi, saints à l'exterieur, mais pecheurs à l'interieur. Dans ce cas là, ya une belle brochette d'hypocrites." Et puis la messe se finit. Tout le monde sort de l'eglise, en troupeau. Nous pouvons alors nous melanger au reste des fideles. J'attrape ma meilleure amie Lise et je lui demande son avis sur le mec en question. Elle me fait remarquer que c'est un gamin, qui irait plus à sa petite soeur qu'à moi. Je proteste, puis nous nous rapprochons et nous voila cote à cote du mec en question. ... Effectivement, c'est un gamin... Deception. Mais il reste quand même super mignon...
Apres la messe, c'est le repas avec le reste du groupe. Charcuterie, salade de poissons et couscous au poisson, suivi d'une buche au café. Le tout bien arrosé de vin blanc et de champagne. Tellement bien arrosé que Nicolas a réussi à rendre les filles completement saoules. On chante ("Les oreilles tombées, sauras-tu les relever" ou "cerf, cerf ouvre moi, ou le chasseur me tuera"), on fait des jeux, on raconte des betises. Bref une tres bonne soirée. Trop rare... Bien trop rare...
Le probleme, c'est que Noël, ca se joue en deux parties : la nuit de Noël et le jour de Noël...

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://www.tarvalanion.net/blog/index.php?trackback/190

Fil des commentaires de ce billet