A qui profite le crime?

Maitre Eolas, avec son billet d'hier soir, me fait penser que je ne vous ai pas parlé de mon testament. (Enfin si, j'en avais fait un ici même, mais comme il n'est ni manuscrit, ni daté et signé de ma main, il ne vaut rien.)

Le fait est que Mercredi dernier, Bill et moi sommes allés chez le notaire pour écrire nos testaments respectifs. Le notaire nous en avait parlé lors de la signature de l'acte de vente de notre maison, nous expliquant la succession en cas d'absence de testament. Il nous avait conseillé d'en rédiger afin d'éviter les luttes familiales (voire l'éviction de la maison). Nos deux cas sont semblables : un père, une mère et un/e frère/sœur. Dans ce cas, chaque parent reçoit 25% et le frère reçoit 50%. De la part du défunt. Ce qui ne représente pas grand chose, mais peut-être assez pour foutre le bordel, on ne sait jamais.

Donc la semaine dernière, profitant d'être tous deux en vacances, nous avions rendez-vous chez le notaire pour faciliter tout ça. Alors que nous attendions dans la salle prévue à cet effet, nous avons feuilleté les fascicules mis à disposition. En particulier ceux sur l'héritage et les testaments. Et là, j'ai appris quelque chose.

Je savais depuis mes cours de droits (1998 - 2005 - Paix à leurs âmes) qu'on ne peut pas écrire ce qu'on veut dans un testament. Il y a une partie réservée aux héritiers prévus, qu'on appelle part réservataire. D'après ce que je savais, cette part concernait les descendants, ou, à défaut de descendants, les ascendants. Ce qui fait que je ne pouvais pas tout donner à mon homme, je devais en garder une part pour mes parents.

Sauf que. Depuis une loi de 2006, appliqué à partir du 1er Janvier 2007, les ascendants ne sont plus réservataires. Depuis 2007, quiconque n'a ni descendant ni conjoint peut léguer l'intégralité de ses biens à la ou les personnes qu'il veut. La voisine, le facteur, les compagnons d'Emmaüs ou même le notaire lui-même (comme nous l'a fait remarquer le notre, pince-sans-rire).

Bill et moi sommes restés classiques, nous avons légués l'intégralité de nos possessions à l'autre, en pleine propriété (par opposition à un usufruit). En plus, c'est con comme tout. Il suffit de marquer "Ceci est mon testament", les noms, prénoms et date de naissance, ce qu'on lègue et à qui, ainsi que la date et le lieu. Le notaire s'occupe ensuite de garder le document et de le signaler au service officiel, à Marseille. Vingt-huit euros par testament et c'est fait.

Le seul truc chiant, c'est que ca doit être manuscrit. Pour les personnes qui ont une orthographe ou une graphie déplorable, c'est un peu embêtant. Mais bon, il faut ce qu'il faut.

Du coup, nous sommes maintenant tranquille. Si l'un de nous deux meurt, l'autre récupère tout et personne ne peut rien dire. Nos parents sont tous au courant, de toutes façons. Par contre, si nous mourrons tous les deux en même temps (accident de la route, explosion atomique, etc...), les 2 testaments sont annulés et on repart à zéro.

Un seul regret :  je n'ai pas pu écrire "Moi, TarValanion, sain de corps et d'esprit". Tout se perd!!

Commentaires

1. Le mardi 1 septembre 2009, 10:10 par lo grelh

Faire ça autour de la trentaine , il faut avoir une certaine vision de l'avenir ce qui n'est pas courant. Vous avez bien fait. Quand je vois les problèmes actuels avec mes frères suite au décès de ma mère alors qu'elle n'avait rien et que nous avons autour de la soixantaine !!!!!

2. Le mercredi 2 septembre 2009, 19:40 par khey

p'tain faut qu'on y pense nous :-(

3. Le jeudi 3 septembre 2009, 18:50 par Kitt67

Heureusement, tu n'es pas sain d'esprit :-D

4. Le dimanche 6 septembre 2009, 13:52 par orpheus

Ta conclusion m'a fait hurler de rire. Je vais quand même attendre d'avoir autres choses que des dettes à léguer pour le faire.

5. Le dimanche 13 septembre 2009, 13:28 par TarValanion
Lo Grelh : on n'y avait pas pensé, c'est le notaire qui nous l'a conseillé.
Khey : Allez-y, c'est pas cher et c'est rapide. Et ca peut servir.
Kitt67 : "Je ne suis pas folle, vous savez. Bonsoir!!" (Plus sérieusement, je ne suis pas plus fou qu'un autre.)
Orpheus : Notre crédit stipule que si l'un de nous meurt, l'autre ne récupère pas sa part à payer.