Tale of a city

Dans mes rêves, il y a une ville. Cette ville, je la visite régulièrement, la nuit.

Cette ville, je la connais. A chaque fois, je sais que c'est la même que la dernière fois. Cette ville, ce n'est pas une ville qui existe dans la réalité. Ce n'est ni Paris, ni New-York, ni Toulouse. Cette ville, c'est juste la ville de mes rêves. Elle est unique.

Le centre est composé de vieux bâtiments construits en pierres de taille bordeaux. Ils sont grands et imposants. Ils sont ornés de grandes portes cochères. Des sculptures entourent les portes, les fenêtres et les rebords. Des tours et des clochers surmontent les toits pointus. Sur certaines maisons, des gargouilles observent les passants. Les rues et les places sont pavées de la même pierre. Des cours intérieures sont reliées aux rues par des passages couverts voutés. Les places sont souvent entourées d'arcades dont les piliers se rejoignent pour former des arcades. Régulièrement, des foires et des marchés ont lieu sur la plus grande place. C'est l'occasion de rencontres, d'échanges et de musiques. Les commerces du centre sont plutôt des commerces de luxe. Les vitrines montrent des vêtements de grandes marques et il y a même un grand cinéma.

En bordure de ce centre, se trouve un plan d'eau. Ses rives sont à moitié naturelles, à moitié artificielle et datent de si longtemps que personne ne sait plus si le lac est naturel ou a été créé par l'homme. Il contient une ile couverte de saules pleureurs. Donnant directement sur la rive sud, se trouve un des plus grands et plus anciens bâtiments de la ville. Plus massif, moins orné que les autres, il abrite la plus vieille et la plus grande école de la ville. Des étudiants vivent à l'intérieur, certains toute leur vie, d'autres à peine pour quelques mois. Les bibliothèques de l'école sont remplies d'ouvrages importants et rares et de nombreux érudits recherchent et enseignent dans les murs. Une grande arche laisse le passage libre pour le transit des véhicules et des personnes.

La route qui passe là mène vers un quartier un peu plus industriel. Ce quartier est bordé par le cours d'eau qui alimente le lac de l'école. Le terrain est un peu plus accidenté et la rivière passe parfois en bas d'une falaise. Même si la partie proche de l'école est encore en grès rouge, ce quartier est plutôt dans les tons de gris et de vert. Les bâtiments sont en béton ou en pierre grise. Les écluses et canaux, ainsi que les silos ou les grues des usines sont en acier. La falaise elle-même, lorsqu'elle n'est pas recouverte par la végétation, est sans couleur. Parfois, une grotte naturelle de la falaise a été récupérée par les habitants et sert d'entrepôt ou de commerce. Ce quartier est plus populaire. On y retrouve des brocantes remplies d'objets hétéroclites ainsi que des restaurants où le patron et chef cuisinier vient discuter en salle avec les clients. Une bonne partie des usines est abandonnée, mais les habitants ne sont pas désespérés. Dans les terrains abandonnés des usines, errent parfois des hommes. Ce sont des vagabonds qui ont quitté une vie sédentaire et confortable pour vivre plus proches de la nature. Ils plantent et récoltent des légumes ou élèvent des moutons. Ces hommes restent le plus souvent loin des autres et sont plutôt mystérieux. Pourtant les habitants du quartier semblent les connaitre et les accepter sans problème. Pour le visiteur, ces vagabonds resteront des silhouettes à peine aperçues. Personne du quartier ne dira quoi que ce soit à propos de ces gens. Le quartier reste agréable à vivre, même s'il contient quelques parts d'ombre.

Le dernier quartier que j'ai pu visiter se situe plutôt à l'opposé de celui-ci, loin de la rivière et de la falaise. Il est assez plat et plus sec. Les maisons sont dans les tons d'ocre et ressemblent plus à des cubes. Les toits sont plats et les fenêtres carrés. Les portes et façades sont sans fioritures. Les rues qui traversent ce quartier ne sont pas forcement plus larges qu'ailleurs, mais comme les maisons sont moins hautes, le soleil arrive souvent jusqu'au sol. Le quartier est donc chaud, sec et bien plus lumineux que le reste de la ville. Les rues les plus grandes sont bordées de petits canaux faisant couler une eau claire et rafraichissante. Des enfants jouent dans les rues et se courent après, sans aucun autre souci immédiat que le plaisir de s'amuser ensemble. Mais dans la soirée, le quartier change un peu. Ce ne sont plus les enfants qui courent, mais les membres de la guilde des voleurs. Contrairement au quartier industriel, celui-ci n'a jamais été riche. Leurs niveaux de vie sont presque semblables, le quartier industriel bénéficiant encore du patrimoine acquis pendant sa période riche et active. Ce quartier a donc donné naissance à une guilde de voleurs. Ceux-ci sont pratiquement tous du quartier et ont le sens de l'honneur. On ne vole pas aux pauvres. Quiconque serait pris en train de voler dans le périmètre ocre recevrait une punition plus forte et sans doute plus efficace que celles fournies par la justice officielle. Si on voit des ombres courir sur les toits la nuit, ce n'est pas parce qu'ils font leurs activités dans le quartier. C'est juste qu'ils se rendent dans les autre quartiers de la ville, là où les riches dorment seuls, barricadés dans leurs maisons luxueuses mais dures. Ce ne sont pas non plus des Robins-des-bois, ils volent principalement pour eux. Mais comme ils vivent et commercent dans le quartier, la richesse est quand même redistribuée.

Voila les quartiers que j'ai eu la chance de visiter dans ma ville. Peut-être qu'une prochaine nuit, j'aurai la chance de découvrir un autre quartier. Même s'il est complètement différent des autres, je saurais qu'il fait partie de la ville des mes rêves.

 

Commentaires

1. Le dimanche 8 juin 2008, 21:08 par orpheus

Oh oui, fait nous en voir un peu plus.
En attendant que les technologies futures nous permettent de voyager dans les rêves des autres. (quoi que, c'est ce que permet déjà l'écrit !)

2. Le lundi 9 juin 2008, 12:30 par kheyliana

tu sais dessiner ? si oui ce serait sympa un plan ;-)

3. Le lundi 9 juin 2008, 14:32 par Chondre

Bah dis moi, tu en retiens des choses dans tes rêves.
J'arrive rarement à me souvenir des miens. Tu n'es pas trop crevé au reveil?

4. Le mardi 10 juin 2008, 08:50 par TarValanion

Orpheus : Promis, dès que j'ai des infos, je vous en reparle.
Kheyliana : je ne sais pas dessiner. Mais peut être que je trouverais quelqu'un qui sait et qui pourrait m'aider.
Chondre : Pas du tout crevé. Et me souvenir de mes rêves me met de bonne humeur dès le réveil.